Transplantation de microbiote fécal

La transplantation de microbiote fécal (TMF) consiste à administrer une préparation de matière fécale issue d’un sujet sain à un patient atteint d’une pathologie liée à une altération du microbiote intestinal, en vue d’exercer des effets thérapeutiques.

 

TMF DANS LES MALADIES INFLAMMATOIRES CHRONIQUES DE L’INTESTIN

Le microbiote intestinal (ou flore intestinale) est un organe à part entière composé de milliards de microorganismes (bactéries, champignons, virus…), qui interagissent en permanence entre eux et avec l’organisme (l’hôte) qui les héberge.

Le côlon est le siège d’une compétition féroce entre les microorganismes pour la nourriture et l’espace disponible, mais aussi d’une étroite collaboration pour la digestion des grosses molécules.

Pour combattre l’infection à Clostridium difficile, le fonctionnement de la TMF reposerait sur quatre modes d’action:

  1. Compétition pour la nourriture et l’espace disponible
  2. Destruction du pathogène
  3. Rétablissement du fonctionnement normal du métabolisme de l’hôte
  4. Restauration de la fonction barrière de l’intestin

VOIES D’ADMINISTRATION

  • Par voie basse : via un lavement ou une coloscopie
  • Par voie haute : via une sonde introduite dans le nez et descendant jusqu’à l’estomac ou jusqu’au douodénum

Aujourd’hui, la transplantation fécale n’est proposée que dans une seule indication : l’infection multirécidivante à Clostridium difficile avec une efficacité de plus de 90 %.

DEPUIS QUAND LA TRANSPLANTATION FECALE EST-ELLE UTILISEE ?

Alors d’abord la transplantation de microbiote fécal n’est pas du tout un nouveau traitement.

C’est utilisé depuis extrêmement longtemps.

On retrouve des traces de cette utilisation même dans la médecine chinoise du IVe siècle pour traiter des infections intestinales. 

Un petit peu plus récemment, on s’est intéressé à la transplantation fécale pour traiter l’infection à Clostridium difficile, puisqu’on sait que cette infection est en grande partie liée à des perturbations du microbiote, le plus souvent après une prise d’antibiotiques.

Donc, assez logiquement, c’est cette indication qui est la première à avoir émergé.